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translucide.info
Bonjour
à tous ceux qui écoutent les différents analystes économiques
sur les médias.
Je me permets d'écrire ici, aujourd'hui qu’à mon avis ils
sont d'une nullité crasse.
Qu'ils ne savent pas sortir de leurs vieux schémas, il ne pensent pas
"global".
Je pense que ces quelques lignes ci-dessous vont vous le prouver.
Tout d'abord souvenez-vous ils vous ont expliqué que la crise venait,
entre autres, des différentes agences de notation qui se trompaient avec
une
régularité constante. Si vous écoutez aujourd'hui la bourse
à la radio vous constaterez que les titres dépendent toujours
et encore de ces différentes agences de notation !
Bien parlons maintenant analyse : on nous annonce que la société
Carrefour va faire environ X milliards d'économie dans les prochaines
années ; quelques heures après son action en bourse a remonté
? Avez-vous déjà entendu un analyste faire la corrélation
entre les deux informations, moi pas.
Toujours les mêmes analystes vous expliquent un jour que la crise est
bientôt terminée, le lendemain qu'elle va se prolonger, que selon
les analystes américains aujourd'hui elle va s'arrêter et que demain
elle va continuer... Il est certain que si l'analyste est américain il
est bon !
En fait la crise va durer pour la raison suivante : les grands groupes ont intérêt
à ce qu’elle continue ; en effet elle leur permet de faire des
« plans sociaux » (j'adore cette expression) c'est mieux que dégraissage
car dégraissage signifie que ceux qui travaillent ne sont que du gras
pour les actionnaires. Ces plans sociaux sont financés en partie par
l'entreprise, en partie par l'État - donc par nos impôts - . L'État
est content dans la mesure où ces chômeurs n'apparaîtront,
grosso modo que quelques jours après les élections présidentielles
de 2012. Second intérêt pour les grands groupes, toutes les petites
entreprises ou très petites entreprises vont avoir de grosses difficultés
financières ; pour cela elles ne peuvent pas compter sur les banques
(je connais un petit artisan, qui a demandé 7000 € pour changer
sa camionnette on lui a demandé 10 000 € de caution en lui expliquant
que les 3000 de différence étaient éventuellement pour
payer des frais de justice !).
Ces petites entreprises vont être obligées de mettre la clé
sous la porte, passeront entre les fourches caudines des Tribunaux de Commerce
et des liquidateurs judiciaires. Tous ceux qui ont eu affaire à ces deux
organismes vous diront que l'honnêteté n'est pas toujours de mise...
!
Il restera aux grands groupes à racheter trois types d'entreprises :
- celles qui ont des actifs immobiliers importants (et sous-évalués
au bilan) ainsi que des machines : pour une bouchée de pain ceci pourra
changer de mains.
-celles qui ont une excellente image de marque : on gardera la marque et le
reste ira à la poubelle
- celles qui ont un véritable savoir-faire : elles seront rachetées
pour peu, et de toute façon les grands groupes ne comprennent toujours
pas que cette intégration fera que le savoir-faire disparaîtra,
noyé dans la lourdeur de ces groupes.
Que celui qui me dit que l'analyse ci-dessus est fausse m'écrive je suis
prêt à en discuter.
Il y a trois secteurs qui sont soutenus, bien sûr sans contrepartie (!),
le secteur immobilier, le secteur bancaire et le secteur automobile.
- Le secteur bancaire, pour vous donner une idée j'ai voulu emprunter
30 000 €, avec une garantie hypothécaire sur un terrain. Ceci est
monté par tous les échelons de la hiérarchie des dossiers
médicaux et j'ai essuyé un refus. Donc cela veut dire que les
banques estimaient que dans moins de 10 ans j'étais mort... Ces banques,
qui aujourd'hui sur le marché trouvent de l'argent (à environ
un taux d’intérêt de 1 %) vous le prêtent ensuite entre
6% et 19 % ! Comme ces banques sont liées financièrement et parfois
pieds et poings liés avec les grands groupes, les petits peuvent toujours
attendre.
- Le secteur immobilier : il ne s'agit bien sûr pas de soutenir les petits
artisans locaux (que ceux qui ont reçu une aide quelconque m'écrivent)
mais de soutenir les grands groupes qui se sont « plantés »
dans leurs programmes immobiliers. D'autre part on va demander aux personnes
d'acheter des maisons, on va leur dire qu'elles auront des aides. Or ces aides
ne sont accordées qu’à des personnes la plupart du temps
non imposables (essayez d'acheter une maison avec 1000 € par mois et la
menace d'un licenciement) donc ces aides pour les pauvres ne coûtent absolument
pas un centime. Merci de me dire où va l'argent ?
- Le secteur automobile, à moins d'être complètement idiot
on sait aujourd'hui que les voitures sont très fiables depuis des années
et que les gens par économie, par dégoût des embouteillages
(excusez maintenant on ne parle plus d'embouteillages mais de ralentissement)
vont moins consommer. Donc, le marché va arriver à saturation
et lorsque l'on dit que l'automobile est la sidérurgie de demain, je
crois que c'est exact. De toute manière, ceux qui réellement fabriquent
les automobiles (c'est-à-dire les sous-traitants qui font 85 % de l'auto),
eux peuvent attendre en vain des aides...
Il est donc très important de créer un plan de relance intelligent
vers des activités qui permettraient d'avoir une société
différente.
Exemple : il y a entre Saint-Brieuc et Lorient une ville qui s'appelle Baud,
le train y passe mais ne s'y arrête pas, il faut donc prendre l'autocar...
L'imagination de nos dirigeants est toujours au pouvoir !!! La preuve lorsque
l'on parle de « taxe carbone » notre ministère de l'écologie
ne pense qu'à augmenter le prix de l'essence. Il y a peut-être
une réflexion plus approfondie à avoir me semble-t-il. (Au fait
comment s'appelle notre ministre de l'écologie ?...).
Cette crise est loin d'être finie
C'est un peu comme des termites dans le bois, on ne voit rien et un jour une
poutre s'effondre, dans un effet de dominos c'est l'ensemble d'une structure
qui s'en va.
Le rêve obligé de tout Français est d'avoir sa maison particulière
(comme cela on est sûr qu'il est pieds et poings liés au reste
de la société). Quand dans une ville comme Châtellerault,
de nombreuses usines ferment, les personnes se retrouvent alors sans rien, la
maison n'a pas de valeur car qui va l'acheter ? Mais il faut rembourser les
banques, alors on demande à la société qui ferme ses portes
des indemnités de départ, de 10 000, 20 000 ou 30 000 €,
sans se rendre compte que ces sommes sont ridicules pour continuer à
vivre elle -et qu’en plus elles compteront dans les délais de carence
d’indemnisation- ! . Dans la chaîne, les petits restaurateurs, les
petits commerces, ont commencé à fermer faute d'acheteurs. Mais
aussi les gros qui se sentent à l'abri vont voir petit à petit
les volumes d'achats dans les chariots diminuer. Sans compter les collectivités
locales qui vont voir leurs ressources (taxes professionnelles…) fondrent
comme neige au soleil. Or ce sont elles qui financent principalement tout ce
qui touche au social.
Les financiers n'ont toujours rien compris : pour eux si l'usine ferme et délocalise
c'est une source de profit. Mais qui va acheter, qui va consommer ? Et comme
les petits ruisseaux font les grandes rivières, un jour les chiffres
d'affaires vont baisser, les marges vont baisser et même les gros vont
commencer à frémir sur leurs fondations.
Malheureusement je suis très pessimiste, on ne pourra pas compter sur
les syndicats que personnellement j'estime aujourd'hui corrompus. La seule action
réalisée en 2009 a été : 3 manifestations monstres
sans suite (les dirigeants de tous bords ont du avoir peur -rires-). On ne pourra
pas compter aussi sur la solidarité car 20 ans de matraquage sur le thème
de la sécurité ont porté leurs fruits. La preuve en est
que l'on trouve plus scandaleux d'enfermer pendant 4h quelques cadres dans leur
bureau plutôt que de licencier quasiment sans préavis 300 personnes
alors que l'entreprise est viable sur son territoire.
Je pense malheureusement qu'à terme si les personnes se révoltent,
en face d'elles elles trouveront « l’Ordre », qui sera symbolisée
par les commentaires dans les médias, les décisions de justice,
les CRS, l'armée... Tous ceux qui ont un petit peu de biens trouveront
cela normal, nos gouvernants l'ont très bien compris. Et le thème
de l'insécurité martelé sans cesse a trouvé son
écho principalement chez les personnes qui ont du bien et ceux qui n'ont
plus leur emploi à perdre (les retraités aisés…).
Il reste à nos gouvernants que ce soient les politiques ou les barons
de la finance peut-être une porte de sortie (un nouveau bouc émissaire)
: la fameuse grippe dont personne ne sait rien ?
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